Bonsoir
Tout d'abord, puisque Janvier n'est pas terminé, bonne année à tous ceux à qui je n'ai pas eu encore l'occasion de présenter les voeux du Samarkand. J'espère que cette nouvelle année vous sera profitable, et après tout, il y a pas de raison, je nous souhaite à nous de mener à bien l'entreprise "SAMARKAND", avec bien sûr votre soutien, vos messages et vos conseils.
Certains d'entre vous me posent la question de l'utilité de s'inscrire à la newsletter. Je ne peux que conseiller de le faire, en effet, vous avez du constater que le rhytme de parution des articles est variable. En revanche, ceux qui se sont abonnés à la NL reçoivent plus régulièrement des nouvelles, des points intermédiaires, etc... Donc, si vous voulez vous tenir plus précisément au courant de l'avancement du projet, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Bon ce n'est pas le tout, où en sommes nous?
Eh bien, comme vous le savez sûrement, en Bretagne, on fait des crêpes et on les retourne en cours de cuisson. Et pour les bateaux, bretons ou autres, c'est pareil. Pour notre part, vu que ce n'est pas encore la Chandeleur, nous nous sommes contentés pour l'instant de retourner le bateau, c'était avant- hier samedi.
En effet, depuis le dernier article, avant Noël, nous avons bien avancé, et la coque, après quelques séances de ponçage et de peinture d'apprêt a finalement pris un aspect suffisamment correct à nos yeux pour passer à cette étape. Evidemment, ça ne se décide pas sur un coup de tête, la date était arrêtée depuis 5 semaines, la serre a été démontée le week end précédent, le hangar a fait l'objet d'un sérieux rangement / nettoyage, et la préinstallation de poulies et de palans à chaines que nous avions réalisé en novembre a été complétée de manière à être prête le jour J.
Nous avions décidé voilà longtemps déjà de nous passer de grue et autres engins de travaux publics, considérant, sur les conseils des "David" (David REARD, notre architecte, et David de Quimper, qui lui aussi a construit un Classic 335) que nous pouvions très bien retourner l'engin à l'intérieur du hanger, avec de la jugeotte, un peu de mécanique, l'expérience de Michel, le propriétaire du local, qui nous a fourni une aide plus que précieuse, et tout cela sans oublier bien sûr l'aide indispensable des amis qui n'ont pas hésité à répondre présent à l'appel (nous étions pas moins d'une douzaine).
Je vais donc vous raconter tout cela. Mais tout d'abord, mesdames et messieurs, veuillez donc attacher vos ceintures, le commandant et l'équipage du Samarkand sont ravis de vous accueillir au vol inaugural de leur vaisseau, et nos hôtesses ont de la nautamine pour ceux qui sont sujets au mal des transports. Il est 09 heures 30 en ce samedi et nous n'allons pas tarder à décoller.
La méthode utilisée a consisté à enserrer la coque d'un câble d'acier et à manoeuvrer la coque ainsi immobilisée par ce câble à l'aide de 2 "tire-forts" que nous avons suspendu aux poutres en acier du hanger. On a pu ainsi vérifier que celles-ci sont solides, n'est-ce pas Michel ? Ce câble était enroulé précisément à l'emplacement d'un couple de construction du bateau, que nous avions solidarisé à la coque, pour éviter son écrasement et à l'endroit le plus large du bateau, au tiers arrière. Le bateau était en outre soutenu par 2 cordages solides, placés l'un au centre du bateau, l'autre à l'avant. Mais dans ce système, seuls les câbles impriment la rotation.
Ci dessus, on voit l'installation des câbles, notez les 2 "tire'forts" suspendus de part et d'autre, ce sont en fait des systèmes dits "avale-tout", qui fonctionnent comme des taquets coinceurs pour ceux qui connaissent. Tout à l'avant du bateau, on distingue le dispositif en cordage qui va servir à soulever l'avant, un autre va donc être intallé vers le milieu de la coque, en utilisant la poulie suspendue à gauche. La coque est ainsi soulevée en 3 endroits.
Le câble est en position, la moquette et les cales de bois protègent la coque. En plus c'est confortable...
Une fois l'installation en place, le décollage commence. Les cables et cordages sont raidis, et l'on soulève uniformément le bateau d'une cinquantaine de centimètres de manière à dégager le chassis de construction.....
.....ce que nous sommes précisément en train de faire ci-dessus. Notez la confiance dans le dispositif, personne n'a eu peur d'aller en dessous du bateau suspendu, et surtout pas votre serviteur!
Ceci fait, le looping peut commencer. On a choisi de tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. En raidissant le cable de droite et en relâchant celui de gauche, on imprime le mouvement de rotation. ne croyez pas que c'est JF qui fait tourner le bateau tout seul!
Suite du looping, on commence à bien comprendre ce qui va se passer.
Là, il commence à y avoir sérieusement de la gite, JF m'a finement fait remarquer qu'il ne faudrait pas que ça se produise en mer.....
Là, c'est le point milieu, le bateau a fait la moitié du chemin. Bien que la méthode de retournement utilisée permette un contrôle total de la giration, il y quand même un basculement qui se produit à ce moment là, c'est pourquoi nous sommes 5 à retenir la coque pour éviter que ce mouvement ne se fasse trop brutalement. Je peux vous assurer qu'à ce moment là, le silence règne dans les rangs (pour une fois)......
Cà y est, la coque a passé l'axe et commence à retomber doucement, on sait que maintenant, sauf imprévu ou manque de chance, l'affaire va bien se dérouler.......Michel, perché sur son échelle, va donner du mou dans le câble de gauche, puis on reprendra sur celui de droite, etc......
Pas loin d'atterir, la partie est presque gagnée, le silence concentré a déjà été rompu par JF et Amine qui se livrent actuellement à un concours de vannes sur Johnny....
Et voilà le travail, l'arrière va se poser tout doucement sur un solide tréteau en acier garni de styrodur pour ménager un bon niveau de confort et de protection à la coque.
On se
prépare à en faire autant à l'avant, à gauche Georges et Yves se préparent à soulever la coque afin que David et Françoise puissent insérer le tréteau sous l'étrave.
Et voilà, c'est fini, JF contrôle juste le bon alignement de la coque.
Mesdames et Messieurs, il est midi heure locale à ST Malo, nous n'avons pas de retard, vous pouvez détacher vos ceintures, le vol s'est déroulé sans problèmes, au sol la température est de 6° et le temps est beau.
L'équipage va à présent sabrer le champagne pour fêter ce looping réussi et vous convie à de prochaines aventures du samarkand.
Merci à Michel, grand maître es retournements de bateaux dont le savoir faire a permis de mener cette opération de main de....maître, merci à Françoise, Violette, Yves, JF, Amine, Georges, David (le bricoleur génial de 605), Michel (l'autre, celui qui stratifie si bien), Claude, l'autre stratifieur et aussi caméraman, et Clémentine pour les photos.
Et moi, que vais je faire à présent? D'abord admirer un peu cette coque siglée David Réard, et après....Eh bien l'ouvrage ne manque pas, on se revoit dans une prochaine livraison du blog ou dans ne newslettter pour les fidèles....
Atchao!